Home / Archive / 2006 / L'évolution du système consonantique des langues cangin
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1. Classification

<1>

Les cinq langues cangin sont le laala, le noon, le saafi, le ndut et le palor. Elles sont parlées au Sénégal dans la région de Thiès par les Seereers du Nord-Ouest, c'est à dire les Seereer-Leexar, les Seereer-Noon, les Seereer-Saafeen, les Seereer-Ndut et les Seereer-Palor. Les Seereer du Fatick parlent le seereer-siin, une langue inintelligible pour les locuteurs cangin. Le seereer-siin est compris avec le wolof et le peul dans un autre sous-groupe de langues atlantiques qui s'appellent des langues sénégambiennes. Les premières hypothèses sur la reconstruction des langues atlantiques fur établies par Doneux (1975). Dans sa classification des langues atlantiques Sapir (1971:48) fait la différence entre une branche du nord et une branche du sud. Selon Dalby (1965:1f) la branche du sud présente une unité génétiquement séparée de la branche du nord. Ici, seulement la branche du nord est présentée. Elle consiste en cinq groupements linguistiques A-E.

I. Branche du Nord:

A.

La ngues sénégambiennes:

1.

a) Ful, b) Seereer-Siin

2.

Wolof

B.

Langues cangin

Noon, Laala, Saafi; Ndut, Palor

C.

Langues bak:

1.

Dialects du diola: Fogny usw; Gusilay, Karon, Kwaatay, Bayot

2.

Manjaku; Papel; Mankanya

3.

Balanta (Ganja)

D.

Langues du Sénégal-Guinea de l'est:

1.a

Group Tenda: Bedik, Bapɛŋ, Tanda-Bassari (Onian)

1.b

Konyagi

2.

Biafada: Pajade (Badjarankɛ)

3.a

Kobiana (Kasanga)

3.b

Banhum

E.

a.

Nalu

b.

Mbulungish

c.

Baga Mboteni

2. L'histoire de recherche

<2>

On ne trouve que peu de sources sur l'histoire des Seereer du Nord-Ouest. Ainsi constate Becker (1985:165):

A l'examen de ces sources, on peut énoncer un constat général négatif en reconnaissant qu'elles sont décevantes, surtout pour les périodes antérieures à 1850. Symptomatique est le fait qu'on ne trouve aucune description des groupes ethniques ou ethnolinguistiques, jusqu'à une date très récente d'ailleurs.

<3>

En 1865, Pinet-Laprade fut le premier qui fit une distinction claire entre les sérères None et les sérères Siin dans sa notice sur les sérères. Il utilise le terme sérères nones comme générique pour designer l'entité des langues cangin. Selon lui, ce groupe de langues se divise en trois parlers principaux:

1. Le None: proprement dit, parlé par les Sérères du Ndianlin, Fanden, Ndoichin et Lekhar

2. Le Paror, parlé par les habitants du Ndout et les villages de Niakhib, Sène, Sognofil, Pout, Ouandiakhat, Lélo, Soune, Santiasoffet, Ladou, Boulelkhail et Sandok

3. Le Safi, parlé par tous les autres villages Sérères Nones situés à l'ouest de la Tanma et par ceux du Diobas, à l'exception des villages ... désignés plus haut

<4>

Pendant le siècle suivant, les langues cangin n'étaient pas l'objet de recherches approfondies. Dans les classification de Migeod* (1913:368), Delafosse (1924:556) et Aujas (1931:298) elles sont mentionnées comme (sérères) nones. Dans Lavergne de Tressan (1953:150) les langues noon, saafi et ndut sont appelées faux dialectes de seereer. Westermann et Bryan (1952:18) classifient le Dyoba [=noon] et le Ndoute [=ndut] comme dialectes de seereer.

<5>

A partir de l'année 1960 le linguiste autrichien Walter Pichl conduit une recherche sur les supposés dialectes de seereer du Nord-Ouest dans la région de Thiès. Il constate de grandes différences linguistiques entre ce groupe de langues et le seereer-siin. En conséquence, il propose de classifier les cinq langues none, safen, ndut, palor (falor) et lehar (laala) comme groupe indépendant dans les langues atlantiques. Ce groupe de langues est appelé les langues cangin. Le mot cangin ou bien jaɲgin désigne la ville de Thiès en ndut et palor. En noon, laala et saafi la ville de Thiès est appelée caaɲak. Dans les années 1979-81 Pichl écrit des abrégés de grammaire de Ndut, Laala Noon et Saafi. Chacune contient une collection de textes et un lexique. Les langues ndut et falor (palor) sont compris dans un seul manuscrit (Pichl 1981:1). Ce manuscrit et un manuscrit sur le laala se trouvent à l'institut d'africanistique à Vienne. Malheureusement, les manuscrits sur le saafi et le noon ont disparus. Alioune Dionne, qui était l'informateur de Pichl au Sénégal, m'a dit que tous les quatre manuscrits se trouvent à l'édition Nouvelles Editions Africaines. Malheureusement, une demande en Mars 2001 a révélé que ces manuscrits aussi sont introuvables.

<6>

Dans les années 1980 les langues cangin deviennent l'objet de mémoires de maîtrise et de thèses de doctorat. Gabriel Gueye écrit sa mémoire de maîtrise sur la phonologie et sa thèse de doctorat sur la phonétique de sa langue maternelle ndut. La thèse de doctorat de Jeanne Lopis-Sylla de l'IFAN traite de la phonologie et morphologie du noon. La phonologie et de la morphologie du saafi est le sujet de la thèse de doctorat de Chérif Mbodj. La thèse de doctorat de Paula D'Alton est une grammaire compréhensive du palor, qui paraît en 1987. Il existe encore d'autres thèses de maîtrise traitant des langues cangin: Maleine Diop Diagne (1989), Daniel Ray Morgan (1996) et Mohamadou Lamine Dia (1996-1997). En 2000 paraît la thèse de doctorat de Maria Soukka, une grammaire du noon.

3. Méthodologie

<7>

La comparaison phonologique est basée sur des données recueillies par des questionnaires du vocabulaire de base. Les questions étaient posées en français. Ce matériel linguistique a été recueilli pendant trois séjours au Sénégal. Le premier était entre novembre 1999 et janvier 2000, le deuxième était entre janvier 2001 et mars 2001, le troisième entre février et avril 2002. Je remercie mes informateurs sans lesquels ces études comparées n'auront jamais été possibles. La liste suivante donne pour chaque langue, le nom de l'informateur, son âge et le village dans lequel l'enquête se faisait se trouve entre parenthèses.

Palor: Adji Diop, 40 ans (Lelo)

Ndut: Alouise Seck, 30 ans (Mont Rolland)

Noon: André Mbay, 25 ans, Pierre Thiaw, 30 ans Louise Ndione, 25 ans (Fandène)

Laala: Malick Tine, 36 ans (Dougnanc) et Cheikh Tine, 29 ans (Kiiwii)

Saafi: Biram Diouf, 28 ans (Popenguine), Suleymane Faye 25 ans (Popenguine-Seereer) et Alioune Dionne, 60 ans (Boukhou)

<8>

La méthode de la grammaire comparée est une approche génétique qui est considérée jusqu'à ce jour comme le seul moyen valable [2] pour prouver la parenté des langues. La linguistique comparée confronte les mots de deux ou plusieurs langues données. Ces mots viennent de préférence du vocabulaire de base car on présume qu'il y a moins de changements linguistiques dans le vocabulaire de base que dans le vocabulaire culturel qui contient souvent des emprunts. Cette présomption a été vérifiée pour le développement des langues indoeuropéennes et les langues cangin aussi. En revanche, dans l'évolution de quelques langues australiennes le vocabulaire de base a été échangé et une reconstruction du vocabulaire de base n'est plus possible.

<9>

Si la comparaison montre des ressemblances pour la forme et le sens entre certains mots, on pose l'hypothèse qu'ils remontent à une forme unique qui a évolué de manières différentes. Ces correspondances régulières servent à établir des lois phonétiques permettant de retracer les étapes successives par lesquelles la forme unique est passée pour aboutir aux formes modernes. Mais il ne faut pas oublier que la reconstruction d'une protolangue reste toujours hypothétique. Elle ressemble à l'ancêtre commun des langues en question, mais il est impossible de reconstruire exactement la langue d'origine. Ainsi les études diachroniques des langues romaines ont bien démontrées. Si on compare le français, l'italien, l'espagnol et le portugais on arrive à reconstruire une langue qui est proche du latin, mais cette protolangue ne correspond pas exactement au latin.

4. La reconstruction du système consonantique

<10>

Les consonnes du proto-cangin sont établies par les correspondances régulières du son dans les langues cangin modernes. Les données comparées, sur lesquelles la reconstruction du système consonantique est basée, se trouvent dans les tableaux de l'appendice.

Proto-Cangin

*p

*t

*c

*k

*mb

*nd

*ɲj

*ŋg

*m

*n

*f

*s

*x

*r/l

*w

*y

<11>

Dans l'évolution des langues il y a des consonnes stables et des changements phonétiques des consonnes. Les changements phonétiques comprennent toutes les modifications qui subissent les sons au cours de l'évolution linguistique. Il peut s'agir des simples transformations des habitudes de prononciation ou de changements phonologiques si les variations de la prononciation ont entraîné la modification de la structure phonématique de la langue par la disparition et/ou l'apparition d'un ou plusieurs phonèmes. Les changements phonétiques peuvent être influencés par plusieurs facteurs: la position du phonème dans le mot, la place de l'accent ou l'environnement consonantique ou vocalique.

5. Consonnes stables

<12>

La reconstruction est facilitée si les consonnes ne sont pas soumises à des modifications. Dans l'évolution des langues cangin les occlusives /p/, /t/, /c/, /k/, les fricatives /f/, /s/ et les nasales /m/, /n/ /ɲ/ ne changent pas. La stabilité de ces consonnes peut être vérifiée dans les données comparées. Les tableaux dans l'appendice contiennent ces consonnes au début et à la fin du mot. Pour les approximantes /w/ et /y/ il n'y a que des données comparées pour la position initiale. Donc, ces consonnes sont seulement reconstruites pour le début du mot.

6. Changements phonétiques conditionnés par la position

6.1. Les implosives

<13>

Les implosives /ɓ/, /ɗ/, /ƴ/ et les occlusives prénasalisées /mb/, /nd/, /ɲj/, /ŋg/ démontrent des variations qui dépendent du placement dans le mot. Pour les implosives initiales il y a de nombreuses données comparées dans les tableaux de l'appendice, c'est-à-dire que dans l'évolution des langues les implosives initiales restent stables. En position finale ou médiale les implosives démontrent des changements phonétiques. Situées devant une voyelle elles se conservent seulement en saafi. Dans les autres langues cangin elles sont soumises aux changements phonétiques suivants:

ɓ

w

/

_V

ɗ

r

/

_V

ƴ

y

/

_V

<14>

En position finale les implosives dans les langues laala et noon démontrent des changements phonétiques. Elles sont remplacées par des coups de glotte. Donc, l'opposition entre les implosives et le coup de glotte est neutralisé en position finale. La réalisation du phonème /ƴ/ en place finale correspond à un unreleased stop (occlusive non-relâchée) c'est-à-dire qu'il reste encore une notion de la place d'articulation originale.

ɓ,

ɗ,

(ƴ)

ʔ

/

_

#

<15>

Ces changements phonétiques sont encore actifs au niveau synchronique. Ils se trouvent tous dans le paradigme verbal du laala au tableau (1). La racine se termine en implosive qui est réalisée par un coup de glotte. La suffixation du morphème du parfait -ɪn , qui commence en voyelle, provoque le changement prévocalique de l’implosive (ɓ > w, ɗ > r, ƴ > y). Par contre, devant le morphème du narratif -Ca, qui commence en consonne homorganique, l'implosive reste stable [3]. Cette reconstruction interne est vérifiée par la comparaison avec les données correspondantes en ndut (Nd), en palor (P), et en Saafi (S). Ils démontrent les implosives en position finale.

Tableau 1: Changements des implosives en laala

final

+PFT -ɪn

+NAR -Ca

Glose

Comparaison

-ɗɔʔ

ɗɔw-ɪn

ɗɔɓ-ɓa

mordre

ɗɔɓ (Nd, P)

-ɓɛʔ

ɓɛw-ɪn

ɓɛɓ-ɓa

prendre

-guʔ

gur-ɪn

guɗ-ɗa

couper

ŋguɗ (S)

-waaʔ

waar-ɪn

waaɗ-ɗa

vouloir

waaɗ (S)

-pɔɔʔ/ƴ

pɔɔy-ɪn

pɔɔƴ-ƴa

presser

6.2. Les occlusives prénasalisées

<16>

Les occlusives prénasalisées */mb/, */nd/, */ɲj/ et */ŋg/ se trouvent rarement en surface des langues modernes. Elles sont soumises à des changements phonétiques qui dépendent de la position dans le mot. En position finale elles sont réalisées comme nasale homorganique dans toutes les langues cangin. En position prévocalique ils se trouvent seulement en saafi. Les autres langues cangin démontrent une occlusive sonore en même position. Les tableaux dans l'appendice contiennent des données comparées pour des occlusives prénasalisées en position initiale. Des données comparées pour des occlusives prénasalisées en position finale manquent parce qu'elles sont réalisées comme nasales selon la loi phonétique présentée ici.

En position finale:

*/mb/

>

/m/

/_#

*/nd/

>

/n/

/_#

*/ɲj/

>

/ɲ/

/_#

*/ŋg/

>

/ŋ/

/_#

En position prévocalique:

*/mb/

>

/mb/

(S)

>

/b/

(N, L, Nd, P) /#_V

*/nd/

>

/nd/

(S)

>

/d/

(N, L, Nd, P) /#_V

*/ɲj-/

>

/ɲj/

(S)

>

/j/

(N, L, Nd, P) /#_V

*/ŋg-/

>

/ŋg/

(S)

>

/g/

(N, L, Nd, P) /#_V

<17>

Les tableaux suivants démontrent ces alternances consonantiques au niveau synchronique. Elles sont réalisées dans le paradigme verbal dans les langues en particulier. Le saafi représente le stade plus archaïque, où les consonnes prénasalisées se manifestent en position prévocalique. Le tableau (2) démontre plusieurs lexèmes qui se terminent en nasale. En ajoutant le suffixe du parfait -iɗ les occlusives prénasalisées paraissent au surface et la différence entre les "vraies" nasales et les occlusives prénasalisees devient visible. La nasale vélaire est toujours réalisée comme occlusive prénasalisée en position prévocalique. Donc, de "vraies" nasales vélaires n'existent pas dans le système phonologique.

Tableau 2: Alternances des occlusives prénasalisées en saafi

Infinitive

+ PFT -iɗ

Glose

*m > m

ɲam

ɲam-iɗ

manger

rɔm

rɔm-iɗ

acheter

*mb > mb

ʔam

ʔamb-iɗ

tenir

*n > n

ʔan

ʔan-iɗ

boire

kaan

kaan-iɗ

mourir

jɛn

jɛn-iɗ

rire

*nd > nd

pun

pund-iɗ

voler

kiin

kiind-iɗ

compter

*ŋg > ŋg

raŋ

raŋg-iɗ

fermer

<18>

Dans les autres langues cangin laala, noon, ndut et palor les occlusives prénasalisées sont réalisées comme occlusives sonores en position prévocalique. Cette transformation est basée sur le principe homorganique, c'est-à-dire que la place d'articulation ne change pas. Les données démontrant cette alternance se trouvent dans les tableaux (3-5).

Tableau 3: Alternances des occlusives prénasalisées en laala

Infinitive

PFT -ɪn

Racine

Glose

*mb > b

ka-taam

taab-ɪn

*taamb

suivre

*nd > d

ka-pun

pud-ɪn

*pund

voler

ka-tiin

tiid-ɪn

*tiind

aller

ka-kɪn

kɪd-ɪn

*kɪnd

compter

*ɲj > j

ka-fɪɲ

fɪj-ɪn

*fɪɲj

jeter

*ŋg > g

ka-yɛɛɲ

yɛɛg-ɪn

*yɛɛɲg

sentir

*m > m

ka-tam

tam-ɪn

*tam

brûler

*n > n

ka-an

an-ɪn

*an

boire

*ɲ > ɲ

ka-wiɲ

wiɲ-ɪn

*wiɲ

étaler

Tableau 4: Alternances des occlusives prénasalisées en noon (Soukka 2000:49)

Imperative

PFT -ɪn

Racine

Glose

*mb > b

am

ab-ɪn

*amb

tenir

*nd > d

sɔn

sɔd-ɪn

*sɔnd

être fatigué

*ɲj > j

paɲ

paj-ɪn

*paɲj

se marier

*ŋg > g

laŋ

lag-ɪn

*laŋg

fermer

*m > m

ɲam

ɲam-ɪn

*ɲam

manger

*n > n

an

an-ɪn

*an

boire

*ɲ > ɲ

maaɲ

maaɲ-ɪn

*maaɲ

durer

Tableau 5: Alternances des occlusives prénasalisées en ndut et palor

Infinitive

+ Affixe vocalique ʊ (Pluriel)

Glose

*mb [4] > b

xam

xab-ʊ

tenir

jam

jab-ʊ

poignarder

*ŋg > g

caŋ

cag-ʊ-tE

être debout

paŋ

pag-ʊ-tE

faire

*m > m

ɲam

ɲam-ʊ-tE

manger

*n > n

xan

xan-ʊ-tE

boire

<19>

La reconstruction des occlusives prénasalisées présente une surprise parce que ces consonnes sont souvent regardées comme résultat d'un amalgame d'un élément nasal avec un élément occlusif (Williamson 1989:23, Tucker Childs 1992-1994). Dans quelques langues atlantiques on trouve le phénomène morphophonologique de la mutation consonantique. La consonne initiale du verbe ou du nom est déterminée par sa catégorie grammaticale ou sa classe nominale. Pour remplacer la consonne initiale il y a deux ou trois séries de consonnes dont la troisième série contient fréquemment des occlusives prénasalisées qui sont regardées comme développement secondaire. Dans les langues cangin il n'y a pas de mutation consonantique (Drolc 2003), mais la reconstruction des occlusives prénasalisées suggère un autre point de vue sur l'évolution consonantique. Les prénasalisées constituent la base du développement des nasales et des occlusives sonores.

7. Changements phonologiques

<20>

Les tableaux (6-7) démontrent des correspondances régulières entre la vibrante /r/ en saafi et la latérale /l/ du reste du cangin. Evidemment ces deux consonnes ont une origine commune. Ce constat n'est pas exceptionnel pour les langues Niger Congo dans lesquelles manque souvent la distinction entre la vibrante et la latérale. Les données comparées contiennent cette correspondance au début (6) et à la fin du mot (7), permettant la conclusion qu'il s'agit d'un changement phonologique qui n'est pas conditionné par d'autres facteurs phonétiques.

Tableau 6: */R/ initial

Ndut

Palor

Saafi

Laala

Noon

Glose

*r

l

l

r

l

l

lax

lax

raak

laak

laak

avoir

liif

lif

rIIf

-liif

-liif

plein

lim

lim

rIm

-lim

-lim

accoucher

lɔx

lɔx

rɔk

-lɔk

-lɔk

voler

lʊʊm

luum

rUmIn

(ʔɔgɪ)

(yɔʔʔɔx)

rouge

yɛlip

-

rUp

lup

-

épine

Tableau 7: */R/ final

Ndut

Palor

Saafi

Laala

Noon

Glose

*r

l

l

r

l

l

ƴaal

ƴaal

ƴaar

ƴaal

ƴaal

homme

paal

pal

par

-pal

-

germer

jakal

jakal

njakar

jakal

jakal

margouillat

xʊl

xʊl

xɔr

kʊʔɔl

ʔɔl

étoile

kɛl

kɛl

kɛr-ax

-kal-ax

-kɛl-ɔx

entendre

niil

niil

nIIr

niil

niil

racine

<21>

Deux hypothèses sont possibles pour la reconstruction:

1) La latérale /l/ présente le proto-phonème parce qu'elle est conservé dans la majorité des langues cangin.

2) Le saafi est la seule langue qui a conservé la structure ancienne. Dans les autres langues cangin la vibrante /r/ a subi le changement phonologique /r/ > /l/. Cette hypothèse est soutenue par le fait que ce changement présente une simplification articulatoire. L'articulation de la latérale /l/ est plus légère que celle de la vibrante /r/. Un autre argument à l'appui de cette hypothèse est que le saafi a aussi conservé les occlusives prénasalisées et les implosives. En position prévocalique l'implosive /ɗ/ est réalisée comme /r/ dans toutes les langues cangin sauf le saafi, p.ex. en saafi peɗɛm ‘langue’ correspond à pɛrɛɛm (ndut, palor), pɪrɪm (laala), pɛrɛm (noon). L'opposition entre l'implosive /ɗ/ et la vibrante /r/ était neutralisée en cette position dans ces langues. Donc, le changement phonologique /r/ > /l/ pourrait être initialisée pour rétablir le système des oppositions phonologiques.

<22>

Le défi le plus grand dans la reconstruction du système consonantique présentait la correspondance entre le coup de glotte /ʔ/ et la fricative vélaire /x/. Dans la position initiale des données suivantes (8) le coup de glotte en ndut et palor correspond à la fricative vélaire en saafi, laala et noon. Paradoxalement, on trouve aussi la correspondance inverse. Le coup de glotte en saafi, noon et laala correspond à la fricative vélaire en ndut et palor au tableau (9). Dans toutes les langues cangin les mots commencent en consonnes. Donc, devant les voyelles il y a obligatoirement un coup de glotte ou une autre consonne.

Tableau 8: */x/ initial

Ndut

Palor

Saafi

Laala

Noon

Glose

*x

ʔ

ʔ

x

x

x

ʔaf

ʔaf

xaf

xaf

xaf

tête

ʔac

ʔac

xay

-xac

-xay

venir

ʔʊt

ʔʊt

xʊt

xɔɔʔ

xɔɔʔ

longue

ʔɔt

ʔɔt

xɔt

-xɔt

-xɔt

voir

Tableau 9: */ɠ/ initial

Ndut

Palor

Saafi

Laala

Noon

Glose

x

x

ʔ, x

ʔ

ʔ

xap

xap

ʔap

-ʔap

-ʔap

tuer

xac

xac

ʔac

-ʔac

-

creuser

xan

xan

ʔan

-ʔan

-ʔan

boire

xaɲ

xaɲ

ʔaɲ

ʔaɲ

ʔaɲ

large

xɔc

xɔc

ʔɔc

-ʔɔc

-ʔɔc

gratter

xʊl

xʊl

xɔr

kʊʔɔl

ʔɔl

étoile

<23>

Pour trouver la solution de cette énigme, il fallait considérer la réalisation de ces phonèmes en position finale du mot. Les données dans les tableaux suivants démontrent des variations qui dépendent des voyelles précédentes. Suivant une voyelle haute la fricative /x/ de ndut et palor correspond avec le coup de glotte en saafi, laala et noon (6). Suivant une voyelle non haute il se trouve une occlusive vélaire /k/ en saafi, laala et noon qui correspond à la fricative vélaire en ndut et palor (7).

Tableau 10: */ɠ/ final suivant une voyelle haute

Ndut

Palor

Saafi

Laala

Noon

Glose

x

x, ʔ

ʔ

ʔ, Ø

ʔ

nix Ø-

niʔ/nix-

nIʔ Ø-

nɪɪ Ø-

nɪʔ Ø-

corde

ɓʊ(x) f-

ɓʊx f-

ɓU(ʔ) f-

ɓuʔ f-

(baay f-)

chien

Tableau 11: */ɠ/ final suivant une voyelle non haute

Ndut

Palor

Saafi

Laala

Noon

Glose

x

x

k, q

k, q

k, q

wax Ø-

wax Ø-

wak/q Ø-

wak/q Ø-

wak/q Ø-

œuf

lax

lax

raak

laak

laak

avoir

lɔx

lɔx

rɔk

-lɔk

-lɔk

voler

sɔx

sɔx

sɔk

-sɔk

-

semer

<24>

Ces réflexes finals peuvent se déduire d'une consonne, dont le point d'articulation est vélaire ou même glottale. Son mode d'articulation serait plutôt occlusive que fricative parce que le changement phonétique d'une occlusive à une fricative est plus vraisemblable que l'inverse. Donc, deux consonnes se proposent pour la reconstruction de la protolangue: l'occlusive /q/ et l'implosive /ɠ/. Ici, on a choisi l'implosive */ɠ/ pour le proto-cangin parce que dans la série des implosives il manque un représentant du point vélaire d'articulation. Ainsi, on propose que les changements phonologiques suivants aient eu lieu:

Nd, P:

*/ɠ/

>

/x/

S, N,L:

*/ɠ/

>

/ ʔ/ /#__

*/ɠ/

>

/k/ /V(-HI)__#

*/ɠ/

>

/ʔ/ /V(+HI)__#

<25>

En ndut et palor, la structure phonématique a été modifiée par le changement */ɠ/ > /x/. L’opposition entre les anciennes fricatives vélaires et les réflexes de l'implosive */ɠ/ était neutralisée. Par conséquent, un autre changement a eu lieu pour maintenir les anciennes oppositions. Les fricatives vélaires étaient transformées en coup de glotte. En revanche, les langues saafi, laala et noon ont conservé les fricatives vélaires:

*/x/

>

/ ʔ/ (Nd, P)

*/x/

>

/x/ (N, L, S)

<26>

La reconstruction du proto-phonème */ɠ/ paraît osée parce qu'il n' y a pas de réflexe de cette consonne dans aucune langue cangin, mais il y a un grand nombre de données qui démontrent la correspondance /x/ : /ʔ/. Pour cela, on peut se demander, si l'hypothétique */ɠ/ n'était pas un représentant des occlusives labiovélaires */gb, kp/ qui se compose aussi d'une partie vélaire et d'une partie occlusive. Une série de consonnes labiovélaires est proposé par Williamson (1989) pour l'inventaire consonantique du proto Niger Congo. Elle se base sur les reconstructions du proto Volta Congo de Stewart (1976) et du proto Western Nigritic de Mukarovsky (1976/77).

8. Conclusion

<27>

Par les changements phonétiques des consonnes des langues cangin on peut déduire trois classifications. La première démontre la séparation du saafi du reste des langues cangin. La deuxième classification divise les langues cangin en deux groupes ndut/palor et noon, laala et saafi. La troisième classification contient la séparation du noon et laala des autres langues.

<28>

La première classification est basée sur les rétentions des occlusives prénasalisées /mb, nd, ɲj, ŋg/, de l'implosive /ɗ/ et de la vibrante /r/ en saafi. Les autres langues cangin démontrent les innovations suivantes:

*occlusive prénasalisées

> occlusives sonores / _V (Nd, P, N, L)

*implosive /ɗ/

> vibrante /r/ /_V (Nd, P, N, L)

*vibrante /r/

> latérale /l/ (Nd, P, N, L)

<29>

La deuxième classification divise les langues cangin en deux sous-groupes ndut/palor et noon/laala/saafi.

<30>

Elle est basée sur les changements des proto-phonèmes */ɠ/ et */x/ qui étaient expliqués dans le précédent.

1.

Nd, P:

*/ɠ/ > /x/

N, L, S:

*/ɠ/ > /ʔ/ /#___

*/ɠ/ > /ʔ/ /V(+HI)

*/ɠ/ > /k/ /V(-HI)

2.

Nd, P:

*/x/ > /ʔ/

N, L, S:

*/x/ > /x/

<31>

La troisième classification est basée sur les changements phonétiques des implosives en position finale dans les langues noon et laala. Là, elles sont réalisées comme coup de glotte:

<32>

Laquelle des trois classifications représente le mieux le développement des langues modernes? La première, qui sépare le saafi du reste du cangin? Les autres classifications qui divisent les langues cangin en deux groupes ndut/palor et noon/laala? Une classification basée seulement sur les traits phonologiques est faible. Pour trouver la classification qui représente le mieux la parenté de langues il faut aussi considérer les traits grammaticaux et lexicaux. Le noon et le laala partagent en dehors des changements phonétiques, la plupart de structures grammaticales et la majorité du lexique aussi. Ils sont mutuellement intelligibles. La même parenté proche se trouve entre le ndut et le palor. En revanche, les différences linguistiques entre les deux paires de langues noon/laala et ndut/palor sont éclatantes. L'harmonie vocalique progressive se trouve seulement dans le ndut et le palor (Drolc 2004). Leur système de classes nominales est réduit. Seulement les articles définis portent des signes d'accord. Le système de classes nominales en noon et en laala est plus élaboré. Il y a des accords pour les articles définis, les démonstratifs, les adjectifs, les numéraux, et les pronominaux. Donc, la première classification dans laquelle les deux paires de langues forment une branche ensemble, est trompeuse. Dans le lexique et dans la morphologie il y a plus de correspondances entre le saafi et le noon/laala qu'entre le noon/laala et le ndut/palor ou entre le saafi et le ndut/palor (Drolc 2005). Pour conclure, la classification suivante semble le mieux représenter le développement diachronique. Elle correspond à la classification que Williams (1994) propose dans son enquête lexicostatistique.

<33>

La langue mère se divise en deux branches, le ndut/palor et le saafi/laala/noon. La prochaine division sépare le saafi du noon/laala. La cooccurrence des changements phonétiques des occlusives prénasalisées /mb, nd, ɲj, ŋg/, de l'implosive /ɗ/ et de la vibrante /r/ dans les langues ndut/palor et noon/laala posent des problèmes d'explication parce que le développement phonologique n'est pas conforme avec le développement grammatical. En plus, dans le développement vocalique les quatre langues démontrent une opposition [ATR] entre les hautes voyelles /i:ɪ/ et /u:ʊ/. En saafi, cette opposition est neutralisée (Drolc 2004). Est-ce que ces correspondances devraient être considérées comme coïncidences ou bien comme des alternances qui étaient déjà présentes dans la proto-langue? Des études dialectologiques plus approfondies et la comparaison aux autres langues atlantiques pourraient aider à trouver une réponse à cette question.

9. Appendice

<34>

Les tableaux suivants contiennent les données sur lesquelles la reconstruction du système consonantique est basée. Les mots qui ne sont pas considérés comme cognats sont placés entre parenthèses. Les substantifs sont suivis par leurs accords de classe. Les verbes sont représentés en forme de base, c’est-à-dire sans le préfixe d’infinitif en noon et en laala. En saafi, l’opposition entre les hautes voyelles /i/:/ɪ/ et /u/:/ʊ/ est neutralisée. Cette neutralisation est marquée par des lettres majuscules I et U.

9.1. Occlusives

Tableau 12: */p/ initial

Ndut

Palor

Saafi

Laala

Noon

Glose

*p

p

p

p

p

p

paɓ Ø-

(laam)

paɓ Ø-

pɔw Ø-

paw Ø-

aile

(gaawa f-)

(fɪlɪk f-)

paaŋgi f-

paagɪ f-

pəgii f-

herbe

pɛrɛɛm [5] Ø-

pɛrɛɛm Ø-

pɛɗɛm Ø-

pɪ-rɪm p-

pɛ-rɛm p-

langue

pɛʔ f-

pɛʔ f-

pɛʔ f-

pɛʔ f-

pɛʔ f-

chèvre

pɔɔƴ

pɔƴ

pɔɔƴ

-pɔɔʔ(ƴ)

-pɔɔʔ(ƴ)

pousser

pun

pun

pUn

-pun

-pun

voler

Tableau 13: */t/ initial

Ndut

Palor

Saafi

Laala

Noon

Glose

*t

t

t

t

t

t

tɛɛɓ

tɛɓ

tɛɛɓ

-tɛw(ɔx)

-tɛɛʔ(ɓ)

montrer

tɪɪ Ø-

tɪɪ Ø-

tIk Ø-

tɛk Ø-

tɛɛk Ø-

nom

til

tiil [6]

tIIn

-tiin

-tiin

aller

(paɲ)

tik

tIk

-tik

-tik

cuisinier

tam

tam

(ndɔx)

-tam

(-təkiʔ)

brûler

Tableau 14: */c/ initial

Ndut

Palor

Saafi

Laala

Noon

Glose

*c

c

c

c

c

c

caaʔ f-

caaʔ f-

cɔɔx Ø-

cɔɔx Ø-

cɔɔx f-

éléphant

calʊɓ f-

calʊp f-

(njɔmbɔr)

(caabax f-)

-

lièvre

cɛsɛ f-

cafɛʔ f -

caasɛʔ nd-

caasɛɛʔ f-

-

porc-épic

cəəf k-

cɔɔfʊ f-

caafU nd-

cɛfu f-

cəwuu f-

mouche

cegin f-

cɪgɪn f-

(landUmaa n-)

cɪgɪn f-

-

chenille

Tableau 15: */k/ initial

Ndut

Palor

Saafi

Laala

Noon

Glose

*k

k

k

k

k

k

tal-kɪlɪk

tal-kɪlɪk

kIdIk Ø-

kɛ-dɛk k-

kɛ-dɪk k-

arbre

kɛɛn

kɛɛn

kɛɛn

-kɛɛɲ

-kɛɛn

tomber

kuum k-

kuum k-

kUUm k-

k-uum k-

k-uum k-

miel

(ʔɪf)

(ʔɪf)

kanɔx k-

k-an(ʊ) k-

k-anʊ k-

calebasse

Tableau 16: */p/ final

Ndut

Palor

Saafi

Laala

Noon

Glose

*p

p

p

p

p

p

xap

xap

ʔap

-ʔap

-ʔap

tuer

mɪsɪp m-

mɪsɪp m-

mIsIp m-

mɛsɪp m-

mɛsɪp m-

sauce

Tableau 17: */t/ final

Ndut

Palor

Saafi

Laala

Noon

Glose

*t

t

t

t

t

t,ʔ

yɛt Ø-

yɛt Ø-

wɛt Ø-

wɛɛt Ø-

wɛt Ø-

cendre

kɔt Ø-

kɔt Ø-

kɔt Ø-

kɔt Ø-

kɔt Ø-

jambe, pied

ʔɔt

ʔɔt

xɔt

-xɔt

-xɔt

voir

ʔʊt

ʔʊt

xUt

xɔɔʔ

xɔɔʔ

longue

Tableau 18: */c/ final

Ndut

Palor

Saafi

Laala

Noon

Glose

*c

c

c

c,y

c,ʔ

c,y,ʔ

xɔc

xɔc

ʔɔc

-ʔɔc

-ʔɔc

gratter

ʔac

ʔac

xay

-xac

-xay

venir

wɪc Ø-

wɪc Ø-

wIc Ø-

wɪʔ Ø-

wɪʔ Ø-

corne

Tableau 19: */k/ final

Ndut

Palor

Saafi

Laala

Noon

Glose

*k

k

k

k

k

k

ɛlɛk Ø-

ɛlɛk Ø-

wɛk Ø-

wɛk Ø-

wɛk Ø-

nuit

luk Ø-

luk Ø-

(kɔsɛʔ k-)

(kɔsɛʔ k-)

luk Ø-

queue

pɔk

pɔk

tɔk

-pɔk

(-baŋ)

attacher

9.2. Nasales

Tableau 20: */m/ initial

Ndut

Palor

Saafi

Laala

Noon

Glose

*m

m

m

m

m

m

mI

je (1.Sg.)

mɪsɪk

mɪskat

mIsIk

-mɛsɪk

-mɛsɪk

souffrir

mʊlʊɓ Ø-

mʊlʊɓ Ø-

masUɓ Ø-

masuʔ(ɓ) m-

mʊsʊʔ(ɓ) m-

eau

mɪraa m-

mɪraa m-

mɛɗa m-

mɛraa m-

maraa m-

sel

Tableau 21: */n/ initial

Ndut

Palor

Saafi

Laala

Noon

Glose

*n

n

n

n

n

n

nɛɛʔ

nɛʔ

nɛɛx

-nɛɛx

-nɛɛx

dormir

nix Ø-

niʔ/nix Ø-

nIʔ Ø-

nɪɪʔ Ø-

nɪʔ Ø-

corde

nʊŋ Ø-

nʊŋ Ø-

nUŋg Ø-

nɔŋ Ø-

nɔŋ Ø-

trou

nʊf Ø-

nʊf Ø-

nɔf Ø-

nɔf Ø-

nɔf Ø-

oreille

Tableau 22: */ɲ/ initial

Ndut

Palor

Saafi

Laala

Noon

Glose

ɲ

ɲ

ɲ

ɲ

ɲ

ɲam

ɲam

ɲam

-ɲam

-ɲam

manger

ɲɪf m-

ɲɪf m-

ɲIf m-

ɲɪf Ø-

ɲɪf Ø-

sang

ɲiin f-

ɲiin f-

ɲIIɲɔx Ø-

ɲiiɲ Ø-

(ɗuun)

fourmis

Tableau 23: */m/ final

Ndut

Palor

Saafi

Laala

Noon

Glose

*m

m

m

m

m

m

tam

tam

(ndɔx)

-tam

(-təkiʔ)

brûler

lim

lim

rIm

-lim

-lim

accoucher

ɲam

ɲam

ɲam

-ɲam

-ɲam

manger

Tableau 24: */n/ final

Ndut

Palor

Saafi

Laala

Noon

Glose

*n

n

n

n

n

n

ɲiin f-

ɲiin f-

ɲIIɲɔx Ø-

ɲiiɲ Ø-

(ɗuun)

fourmis

xan

xan

ʔan

-ʔan

-ʔan

boire

Tableau 25: */ɲ/ final

Ndut

Palor

Saafi

Laala

Noon

Glose

ɲ

ɲ

ɲ

ɲ

ɲ

(kɪlɪk pagaa)

sɔkɔɲ Ø-

sɔkɔɲ Ø-

saakʊɲ Ø-

sɔɔkɔɲ Ø-

bois à feu

9.3. Fricatives */f/ et */s/

Tableau 26: */f/ initial

Ndut

Palor

Saafi

Laala

Noon

Glose

*f

f

f

f

f

f

fan-ɔx

fan-ɔx

fan-Uk

-fan-ʊk

-faan-ʊk

s'allonger

faan f-

faan Ø-

faan Ø-

faan f-

faan f-

corps

fənuf

fən

fIn f-

fɛn f-

fɛn f-

cheveux

fU

tu (2.Sg.)

fulil

fulil

fUɗIs

-fʊrɪs

-furɪs

souffler

Tableau 27: */f/ medial

Ndut

Palor

Saafi

Laala

Noon

Glose

*s

s

f

s

s

cɛsɛ f-

cafɛʔ f-

caasɛʔ f-

caasɛɛʔ f-

-

porc-épic

Tableau 28: */f/ final

Ndut

Palor

Saafi

Laala

Noon

Glose

*f

f

f

f

f

f

saaf Ø-

saaf Ø-

saaf Ø-

(pɔʔ p-)

(pʊʊʔ p-)

feuille

ʔaf Ø-

ʔaf Ø-

xaf Ø-

xaf Ø-

xaf Ø-

tête

liif

lif

rIIf

-liif

-liif

plein

Tableau 29: */s/ initial et final

Ndut

Palor

Saafi

Laala

Noon

Glose

*s

s

s

s

s

s

sis Ø-

sis Ø-

sIs Ø-

sis Ø-

sis Ø-

dent

sɔs

sɔs

sɔɔs

sɔɔsɔs

sɔɔs

froid

sux

sʊʔ

sUʔ

suw

suɓ

sec

suul

suul

sUUsUs

suusuus

suusuus

noir

9.4. Glides */w/ et */y/

Tableau 30: */w/ initial

Ndut

Palor

Saafi

Laala

Noon

Glose

*w

w

w

w

w

w

waal Ø-

waal Ø-

waas Ø-

waas Ø-

waas Ø-

chemin

wax Ø-

wax Ø-

wak Ø-

wak Ø-

wak Ø-

oeuf

wɔn

wan

wɔʔ

-wɔ

-wɔʔ

dire

wɔl

wɔl(aʔ)

wɔɔs

-wɔs

-wɔs

envoyer

Tableau 31: */y/ initial

Ndut

Palor

Saafi

Laala

Noon

Glose

*y

y

y

y

y

y

yaʔ Ø-

yaʔ Ø-

yaax Ø-

yax Ø-

yax Ø-

bras

(gaan)

(gaan)

yakak

yaakak

yaak

grand

yaaɓ

yaaɓ

ʔaɗ

(ʔaʔ > ʔarʊk-)

yaaɓ

faim

yɛt Ø-

yɛt Ø-

wɛt Ø-

wɛɛt Ø-

wɛt Ø-

cendre

9.5. Implosives

Tableau 32: */ɓ/ initial

Ndut

Palor

Saafi

Laala

Noon-

Glose

ɓ

ɓ

ɓ

ɓ

ɓ

ɓap

ɓap

ɓap

ɓap

-

têter

ɓɛlɛɓ Ø-

ɓɛlɛɓ Ø-

ɓItIɓ Ø-

ɓɛtɛ-f-

ɓɛtɪ f-

femme

ɓiiɓ Ø-

ɓiip Ø-

ɓIIɓ Ø-

ɓɪɪw Ø-

ɓɪɪɓ Ø-

sein

(kas k-)

ɓɪs Ø-

ɓIs Ø-

ɓɛs Ø-

ɓɛs Ø-

flèche

ɓux f-

ɓux f-

ɓU(ʔ) f-

ɓuʔ f-

(baay f-)

chien

ɓɛɓ

(kɔɗ)

(baay)

-ɓɛʔ(ɓ)

-ɓɛʔ(ɓ)

prendre

ɓɔɔx-ɔx

ɓɔx

ɓɔɔk-Uk

-ɓɔɔk

-ɓɔɔk-ʊk

se laver

Tableau 33: */ɗ/ initial

Ndut

Palor

Saafi

Laala

Noon

Glose

ɗ

ɗ

ɗ

ɗ

ɗ

ɗɪɲ Ø-

ɗɪn Ø-

ɗIIɲ Ø-

ɗɛn Ø-

ɗɛɲ Ø-

pou

ɗɔɔn Ø-

ɗɔɔn Ø-

ɗɔɔn Ø-

ɗɔn Ø-

ɗɔɔn Ø-

veau

ɗɔɓ

ɗɔɓ

ɗɔɓ

-ɗɔʔ(ɓ)

-ɗɔʔ(ɓ)

mordre

ɗuukəəʔ Ø-

ɗuuku Ø-

ɗUUkU r-

(ʔɪɪfɪɪl Ø-)

(ʔɪɪfɪɪl Ø-)

fumée

Tableau 34: */ƴ/ initial

Ndut

Palor

Saafi

Laala

Noon

Glose

ƴ

ƴ

ƴ

ƴ

ƴ

ƴaal Ø-

ƴaal Ø-

ƴaar Ø-

ƴaal Ø-

ƴaal Ø-

homme

ƴiɲ f-

ƴiɲ f-

ƴIIɲ Ø-

ƴɪɪɲ Ø-

-

pintade

ƴak f-

ƴak f-

(sɛl Ø-)

(kujiw k-)

(sɛl Ø-)

oiseau

ƴɛɛk

ƴɛk

ƴɛɛk

-ƴɛɛk

-ƴɛɛk

chanter

Tableau 35: */ɓ/ final

Ndut

Palor

Saafi

Laala

Noon

Glose

ɓ

ɓ, p

ɓ

ø, w, ʔ

ɓ, ø, w, ʔ

ɓɛlɛɓ Ø-

ɓɛlɛɓ Ø-

ɓItIɓ Ø-

ɓɛtɛ f-

ɓɛtɪ f-

femme

ɓiiɓ Ø-

ɓiip Ø-

ɓIIɓ Ø-

ɓɪɪw Ø-

ɓɪɪɓ Ø-

sein

paɓ Ø-

(laam)

paɓ Ø-

pɔʔ Ø-

paw Ø-

aile

ɓɛɓ

(kɔɗ)

(baay)

-ɓɛʔ(ɓ)

-ɓɛʔ(ɓ)

prendre

ɗɔɓ

ɗɔɓ

ɗɔɓ

-ɗɔʔ(ɓ)

-ɗɔʔ(ɓ)

mordre

tɛɛɓ

tɛɓ

tɛɛɓ

-tɛw(ɔx)

-tɛɛʔ(ɗ)

montrer

Tableau 36: */ɗ/ final

Ndut

Palor

Saafi

Laala

Noon

Glose

ɗ

ɗ

ɗ

ʔ

ʔ

dʊʊɗ

dʊʊɗ

ndɔɔɗ

dɔɔʔ(ɗ)

dɔɔʔ(ɗ)

baton

Tableau 37: */ƴ/ final

Ndut

Palor

Saafi

Laala

Noon

Glose

ƴ

ƴ

ƴ

ƴ

ƴ

pɔɔƴ

pɔƴ

pɔɔƴ

-pɔɔƴ

-pɔɔƴ

presser

Tableau 38: */ɗ/ en position intervocalique

Ndut

Palor

Saafi

Laala

Noon

Glose

r, l

r, l

ɗ

R

r

mɪraa m-

mɪraa m-

mɛɗaʔ m-

mɛraa m-

maraa m-

sel

pɛrɛɛm Ø-

pɛrɛɛm Ø-

pɛɗɛm Ø-

pɪ-rɪm p-

pɛ-rɛm p-

langue

(ŋgɪlaw m-)

puuruus

pUɗIs Ø-

ʔʊʊrɪs Ø-

ʔʊʊrɪs Ø-/f-

vent

fulil

fulil

fUɗIs

-furɪs

-furɪs

souffler

-

-

fIɗaf Ø

fɛraf Ø-

-

cadavre

9.6. Occlusives prénasalisées */mb/, */nd/, */ɲj/, */ŋg/

Tableau 39: */mb/ initial

Ndut

Palor

Saafi

Laala

Noon

Glose

*mb

ɓ, b

mb, ɓ

mb, b

b

B

mbus

bɔɔs

recipient

(xar f-)

mbal6 f-

mbaal [7] Ø-

(kɪnɪɪ f-)

baal [8]

mouton

bɛc [9]

ɓɛc

mbɛc

(-xam)

(-xam)

danser

ɓɛt

(yʊf)

mbɛt

(-fɪɲ)

(-jaf)

lancer

Tableau 40: */nd/ initial

Ndut

Palor

Saafi

Laala

Noon

Glose

*nd

d, nd

d, l

nd, d

d, ɗ, l

d, l

dan f-

-

ndanaw Ø-

dan Ø-

-

garde-boeuf

ndap [10]

-

ndap Ø-

(mɛsax)

dap

grenier

dʊʊɗ Ø-

dʊʊɗ [11]Ø-

ndɔɔɗ Ø-

dɔɔʔ(ɗ) Ø-

dɔɔʔ(ɗ) Ø-

baton

dagal f-

dagal f-

ndangal [12] Ø-

dagal Ø-

-

scorpion

(sabbɔɔ)

(saɓɔ)

ndaŋkax

ɗaankɪyax

daaŋkax

dix

lʊʊf Ø-

lʊʊf Ø-

ndUUf Ø-

lʊʊf Ø-

lʊʊf Ø-

brousse

Tableau 41: */ɲj/ initial

Ndut

Palor

Saafi

Laala

Noon

Glose

*ɲj

j

j

ɲj, nd

j

j

jakal f-

jakal f-

ɲjakar Ø-

jakal f-

jakal [13]

margouillat

kʊn Ø-

kʊn Ø-

ndUkUn Ø-

jɔ-kɔn j-

jɔ-kɔn j-

doigt

Tableau 42: */ŋg/ initial

Ndut

Palor

Saafi

Laala

Noon

Glose

*ŋg

g

g

ŋg

g

g

gɔŋ f-

(yɪɪnbɔs f-)

ŋgɔŋ [14] g-

gɔŋ Ø-

gɔŋ Ø-

serpent

gumu f-

gumũ f- [15]

ŋgUmU f-

gumu f-

gʊmʊʊ [16]

hyène

gəleem f-

gɪlɛɛm [17] f-

ŋgɛɛlɛm Ø-

gɛlɛm Ø-

gɛɛlɛɛm [18]

chameau

Tableau 43: */x/ final

Ndut

Palor

Saafi

Laala

Noon

Glose

*x

ʔ

ʔ

x

x

x

naʔ Ø-

naʔ Ø-

nɔx Ø-

nɔx Ø-

nɔx Ø-

soleil

yaʔ Ø-

yaʔ Ø-

yaax Ø-

yax Ø-

yax Ø-

bras

caaʔ f-

caaʔ f-

cɔɔx Ø-

cɔɔx Ø-

cɔɔx f-

éléphant

Tableau 44: Correspondance /-s/ ~ /-l/

Ndut

Palor

Saafi

Laala

Noon

Glose

*s

l

l

s

s

s

waal Ø-

waal Ø-

waas Ø-

waas Ø-

waas Ø-

chemin

wɔl

wɔl-aʔ

wɔɔs

-wɔs

-wɔs

envoyer

suul

suul

sUUsUs

suusuus

suusuus

noir

ɪnɪɪl

ɪnɪɪl

nIkIIs

nɪkɪɪs

nɪkɪɪs

quatre

ful-il

ful-il

fUɗ-Is

-fur-ɪs

-fur-ɪs

souffler

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[1] Cet article est basé sur une communication donnée à l'Université Cheikh Anta Diop de Dakar, le 5. Février 2005. Pour la correction du français je remercie Dr. Mohamed Touré de l’Université de Cologne. L’article a aussi beaucoup profité des commentaires des collègues dont les noms n’ont pas été evoqués ici. Je leurs dois également mes remerciements.

[2] La lexicostatistique compare des mots de langues différentes sous le critère de la ressemblance lexicale. Elle est utilisée pour établir rapidement des hypothèses de parenté linguistique, qui doivent être vérifiées par un examen plus approfondi, la grammaire comparée.

[3] Selon Soukka (2000:49) les mêmes phénomènes se trouvent en noon.

[4] Pour ces exemples de l'alternance m/b, je remercie cordialement Dan Morgan.

[5] En noon et laala le mot pɛrɛɛm change la consonne initiale au pluriel (>tɛrɛɛm) indiquant un préfixe p(ɛ)-.

La racine ɗɛ(ɛ)m correspond à la reconstruction *demb-in qui est suggéré par de Wolf (1992 :73) comme racine proto-atlantique.

[6] D'Alton (1987:186) transcrit le mot avec une voyelle courte: til 'marcher'.

[7] En seereer-siin: mbaal 'mouton' (McLaughlin 1992:43).

[8] De Ndionne, Soukka et Soukka (2000:44). C'est un emprunt du seereer-siin ou du peul.

[9] De Mbengue/Morgan (2000:57).

[10] Pichl (1979:34) traduit le mot ndap 'mettre qc. en cachette' qui correspond en seereer-siin au mot ndap 'granary' (McLaughlin 1992:43).

[11] D'Alton (1987: 172) transcrit le mot duud 'baton'.

[12] Le mot peut être realisé aussi comme [naɲal].

[13] De Ndione, Soukka et Soukka (1998:32).

[14] C'est une espèce de vipère noire.

[15] De D'Alton (1987:174).

[16] De Ndione, Soukka et Soukka (1998:25).

[17] De D'Alton (1987:156).

[18] De Ndione, Soukka et Soukka (1998:16).

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